Béatrice et Bénédict (Hector Berlioz) – dossier

Béatrice vocal scoreBÉATRICE ET BÉNÉDICT

Opéra-comique in 2 acts

Music and libretto by Hector Berlioz, after Shakespeare’s Much Ado About Nothing

First performed: Theater Baden-Baden, Germany, 9 August 1862

Review

Contemporary criticism


CHARACTERS

Béatrice, Léonato’s niece (mezzo-soprano): Anne Charton-Demeur

Héro, Léonato’s daughter (soprano): Mlle Monrose

Ursule, Héro’s maid in waiting (contralto): Mme Geoffroy

Bénédict, Sicilian officer, Claudio’s friend (tenor): Achille-Félix Montaubry

Claudio, Don Pedro’s aide de campe (baritone): Jules Lefort

Don Pédro, Sicilian general (bass) : Mathieu-Émile Balanqué

Somarone, chapelmaster (bass) : Victor Prilleux

Léonato, governor of Messina (spoken) : Guerrin

A Scribe (spoken)

A Messager (spoken): Philippe Mutée

Two servants

Chorus of people

 

Setting: Messina

 


STRUCTURE

Ouverture

ACTE I

In the governor of Messina’s park.

1.  Chœur : Le More est en fuite

2.  Chœur : Le More est en fuite

2bis.  Sicilienne

3.  Air d’Hero : Je vais le voir

4.  Duo : Comment le dédain (Béatrice et Bénédict)

5.  Trio : Me marier ? (Bénédict, Claudio et Don Pedro)

6. et 6bis.  Chœur, Epithalame grotesque : Mourez, tendres époux

7.  Rondo de Bénédict : Je vais l’aimer

8.  Duo nocturne : Vous soupirez, Madame ? (Héro et Ursule)

 

Entr’acte – Sicilienne

 

ACTE II

A large salon in the governor’s mansion.

9.  Improvisation de Somarone et Chœur : Le vin de Syracuse

10.  Air de Béatrice : Dieu ! que viens-je d’entendre !

11.  Trio : Je vais d’un cœur aimant (Héro, Béatrice et Ursule)

12.  Chœur : Viens ! viens !

13.  Marche nuptiale. Chœur et Ensemble : Dieu qui guidas nos bras

14.  Chœur : Ici l’on voit

15.  Scherzo duettino : L’amour est un flambeau… (Béatrice et Bénédict)


CRITICISM

Félix Clément, Dictionnaire des opéras, supplement, 1876

Source: http://www.artlyriquefr.fr/dicos/operas%20-%20B.html

« Berlioz écrivait mieux en prose qu’en vers, et je crois même que sa musique doit beaucoup de sa célébrité aux écrits de l’auteur ; mais voici un échantillon de sa poésie. Il n’ajoutera rien à sa gloire.

Le vin de Syracuse

Accuse

Une grande chaleur

Au cœur.

De notre île

De Sicile,

Vive ce fameux vin

Si fin !

La plus noble flamme,

Douce à l’âme

Comme au cœur

Du buveur

C’est la liqueur vermeille

De la treille

Des coteaux de Marsala

Qui l’a.

Poète divin,

Ta muse

Abuse,

Tu le vois,

De notre patience ;

Assez d’éloquence !

Rimeur aux abois,

Bois !

On voit que dans cet opéra, Berlioz a mêlé des scènes familières et bouffonnes à d’autres d’un caractère élevé ; mais si la pièce est bizarre, la musique l’est encore davantage. Des modulations discordantes, des sons heurtés et sans idée, des phrases décousues et mal écrites pour les voix, la mélodie rare et toujours tourmentée, voilà ce que tous les hommes de goût et sans parti pris reconnaîtront dans cet opéra. Les trois morceaux qui ont été bien accueillis, et qui méritaient de l’être, sont ceux dans lesquels Berlioz s’est conformé aux principes traditionnels de l’harmonie et aux règles du sens commun, appliqués à la composition idéale. Ces morceaux sont : le duo nocturne de Héro et Ursule : Vous soupirez, madame ! très poétique et d’un effet charmant ; l’air de Béatrice : Dieu, que viens-je d’entendre ! et le trio qui le suit : Je vais d’un cœur aimant. J’ajouterai l’épithalame grotesque : Mourez, tendres époux ! écrit dans le style madrigalesque des écoles flamandes du XVIe siècle, et une sicilienne, quoique plutôt étrange qu’agréable à entendre. Distribution : Béatrice, Mme Charton-Demeur ; Héro, Mlle Monrose ; Ursule, Mme Geoffroy ; Bénédict, Montaubry ; Claudio, Lefort ; don Pedro, Balanqué ; Somarone, Prilleux ; Leonato, Guerrin. »

 

Translation

Berlioz wrote better in prose than in verse, and I even believe that his music owes much of his fame to the author’s writings; but here is a sample of his poetry.  It will add nothing to his glory.

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In this opera, Berlioz mixed up familiar and buffoon scenes with others of an elevated character; but if the piece is weird, the music is even more so.  Discordant modulations, sounds that clatter without ideas, phrases that are disjointed and badly written for voices, tunes scarce and always tormented, that is what all men of taste and without bias will recognize in this opera.  The three pieces that were well received, and which deserved to be, are those in which Berlioz conformed to the traditional principles of harmony and the rules of common sense applied to the ideal composition.  These pieces are: Héro and Ursule’s very poetic and charming nocturnal duo: Vous soupirez, madame!;  Béatrice’s aria: Dieu, que viens-je d’entendre! and the trio that follows: Je vais d’un cœur aimant.  I will add the grotesque epithalamion: Mourez, tendres époux!written in the madrigal style of the Flemish schools of the sixteenth century, and a sicilienne, though more strange than pleasant to hear.  Cast: Béatrice, Mme Charton-Demeur; Héro, Mlle Monrose; Ursule, Mme Geoffroy; Bénédict, Montaubry; Claudio, Lefort; Don Pedro, Balanqué; Somarone, Prilleux; Leonato, Guerrin.