Iphigénie en Tauride (C.W. Gluck) – dossier

IPHIGÉNIE EN TAURIDE

Tragédie lyrique in 4 acts

Composer : Christoph Willibald, Ritter von Gluck

Libretto : Nicolas-François Guillard (1752–1814), after Euripides’ tragedy

First performed: Académie Royale de Musique (2e salle du Palais-Royal), 18 May 1779

My review


ROLES

Iphigénie, priestess of Diane (soprano): Rosalie Levasseur

Oreste, her brother (baritone): Henri Larrivée

Pylade, his friend (tenor): Joseph Legros

Thoas, king of Scythia  (bass): Jean-Pierre (?) Moreau

Diane, soprano: Mlle Châteauvieux

A priest of the sanctuary: Chéron

A Scythian: Lainé

Two priestesses

Chorus of priestesses (Sopranos, contraltos)

Chorus of Scythians (Hautes-contre, tenors and basses)

Chorus of Greeks (Hautes-contre, tenors and basses)

Chorus of Eumenides (Sopranos, contraltos, tenors and basses)

Ballet: Mlles Guimard, Heinel, MM. Vestris, Gardel, Dauberval

Conductor: Louis-Joseph Francœur

 

 


MUSICAL STRUCTURE

Setting: Tauride, after the Trojan War

Acte I : The entrance hall of the temple of Diana in Tauris

Scene I – Iphigénie, Priestesses

  • Ouverture
  • Chant dialogué : Grands dieux, soyez-nous secourables !
  • Récit du songe : Cette nuit, j’ai revu le palais de mon père !
  • Chœur : O songe affreux ! nuit effroyable !
  • Récitatif : O race de Pelops, race toujours fatale !
  • Air : O toi qui prolongeas mes jours
  • Chœur : Quand verrons-nous tarir nos pleurs ?

Scène II – The above, Thoas, guards

  • Récitatif (Thoas) : Dieux! le malheur en tous lieux suit mes pas
  • Air (Thoas) : De noirs pressentiments, mon âme intimidée

Scène III – The above, the Scythians

  • Chœur : Les dieux apaisent leurs courroux
  • Récitatif (Iphigénie et Thoas) : Malheureuse ! – Grands dieux, recevez nos offrandes
  • Reprise du chœur
  • Récitatif (Iphigénie, Thoas) : Dieux ! étouffez en moi le cri de la nature

Scène IV – Thoas, Guardes, the Scythians

  • Récitatif : Et vous, à nos dieux tutélaires
  • Chœur : Il nous fallait du sang
  • Danses des Scythes

Scène V – The above, Orestes and Pylade

  • Récitatif (Thoas, Pylade, Oreste) : Malheureux ! quel dessein à vous-mêmes contraire

Scène VI – Thoas, the people

  • Reprise du chœur : Il nous fallait du sang

Acte II : An inner chamber of the temple

Scène I – Oreste, Pylade

  • Récitatif (Pylade et Oreste) : Quel silence effrayant
  • Air (Oreste) : Dieux qui me poursuivez
  • Récitatif (Pylade) : Quel langage accablant pour un ami qui t’aime !
  • Air (Pylade) : Unis dès la plus tendre enfance

Scène II – The above, a priest of the sanctuary, guards

  • Récitatif (Le Ministre, Pylade, Oreste) : Étrangers malheureux, il faut vous séparer

Scène III – Oreste

  • Récitatif : On l’enlève, hélas ! Pylade est mort pour toi
  • Arioso : Le calme rentre dans mon cœur

Scène IV – Oreste, the Eumenides

  • Chœur (coupé par des exclamations) : Vengeons et la nature et les dieux en courroux

Scène V – Oreste, Iphigénie, Priestesses

  • Récitatif (Oreste, Iphigénie) : Dieux cruels ! Ma mère, ô ciel !

Scène VI – Iphigénie, Priestesses

  • Récitatif : O ciel ! de mes tourments la cause et le témoin
  • Chœur : Patrie infortunée !
  • Air avec chœur : O malheureuse Iphigénie !
  • Récitatif : Honorez avec moi ce héros qui n’est plus
  • Chœur et solo : Contemplez ces tristes apprêts

Acte III : Iphigenia’s chamber

Scène I – Iphigénie, Priestesses

  • Récitatif : Je cède à vos désirs
  • Air : D’une image, hélas ! trop chérie

Scène II – The above, Oreste, Pylade

  • Récitatif (Jeune prêtresse, Iphigénie) : Voici ces captifs malheureux

Scène III – Iphigénie, Pylade, Oreste

  • Récitatif (Pylade, Oreste, Iphigénie) : O joie inattendue !
  • Trio : Je pourrais du tyran tromper la barbarie

Scène IV – Pylade, Oreste

  • Récitatif (Pylade, Oreste) : O moment trop heureux
  • Duo : Et tu prétends encore que tu m’aimes ?
  • Récitatif (Oreste) : Quoi, je ne vaincrai pas ta constance funeste ?
  • Air (Pylade) : Ah ! mon ami, j’implore ta pitié !

Scène V – The above, Iphigénie, Priestesses

  • Récitatif (Iphigénie, Oreste, Pylade) : Que je vous plains ! Vous, conduisez ses pas
  • Arioso (Oreste) : Quoi ! toujours à mes vœux vous êtes inflexible ?

Scène VI – Iphigénie, Pylade

  • Récitatif (Iphigénie) : Puisque le ciel à vos jours s’intéresse

Scène VII – Pylade

  • Air : Divinité des grandes âmes !

Acte IV : Inside the temple of Diana

Scène I – Iphigénie

  • Récitatif : Non ! cet affreux devoir, je ne puis le remplir
  • Air : J’implore et je tremble

Scène II – Iphigénie, Oreste, Priestesses

  • Chœur : O Diane, sois-nous propice !
  • Récitatif (Iphigénie, Oreste) : La force m’abandonne
  • Arioso (Oreste) : Que ces regrets touchants pour mon cœur ont des charmes
  • Hymne (Chœur) : Chaste fille de Latone
  • Récitatif (Iphigénie, Priestesses, Oreste) : Quels moments ! Dieux, secourez-moi !
  • Arioso (Iphigénie) : Ah ! laissons-là ce souvenir funeste

Scène III – The above, a priestess

  • Final (Prêtresse) : Tremblez ! on sait tout le mystère

Scène IV – The above, Thoas, guards

  • Suite du final (Thoas) : De tes complots la trame est decouverte

Scène V – The above, Pylade and the Greeks

  • Suite du final (Pylade) : C’est à toi de mourir !

Scène VI – The above, Diane

  • Récitatif (Diane) : Arrêtez ! écoutez mes décrets éternels

Scène VII – All, except Diane

  • Récitatif (Pylade) : Ta sœur ! qu’ai-je entendu !

 


CRITICISM

Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869

Source: http://artlyriquefr.fr/dicos/operas%20-%20I.html

Translation follows

« Cette tragédie d’Euripide fait suite à l’Iphigénie en Aulide, du même poète. Oreste, Pylade, Thoas, Iphigénie et les prêtresses de Diane en sont les personnages. Gluck remporta avec cette œuvre une victoire définitive sur ses adversaires, parmi lesquels s’étaient rangés des hommes d’esprit, tels que Marmontel, La Harpe, Ginguené et d’Alembert. La vérité d’expression, la puissante originalité des effets, la magnificence du premier acte, le songe d’Iphigénie, les danses des Scythes, l’hymne à Diane, l’instrumentation tour à tour suave, pathétique, solennelle et fougueuse, ne laissèrent plus d’autre sentiment au public que celui de l’admiration. Gluck avait alors soixante-cinq ans. Un contemporain remarquait qu’il y avait de beaux morceaux dans cet opéra. Arnaud lui répondit : « Il n’y en a qu’un. — Lequel ? — L’ouvrage entier. » Il est vrai qu’on admirera toujours une foule de créations de premier ordre répandues à pleines mains dans cette partition. Cependant nous indiquerons plus particulièrement l’air de Thoas : De noirs pressentiments mon âme intimidée ; le sommeil d’Oreste ; l’air de Pylade : Unis dès la plus tendre enfance ; ceux d’Iphigénie : O malheureuse Iphigénie ; Je t’implore et je tremble ; l’hymne : Chaste fille de Latone. Le rôle de la fille d’Agamemnon fut chanté par Mlle Levasseur. Nous ne pouvons omettre ici un mot de Gluck, qui prouve avec quelle profondeur d’étude il s’attachait à exprimer les sentiments de ses personnages. Pendant qu’Oreste chante : Le calme rentre dans mon cœur, l’orchestre continue à peindre l’agitation de ses pensées. Lors de la répétition, les exécutants ne comprirent pas et s’arrêtèrent : Allez toujours, reprit le compositeur, il ment ; il a tué sa mère ! Un autre mot de lui est peut-être encore plus explicite. Il vantait un jour un chœur de Rameau dans Castor et Pollux : Que tout gémisse. Un de ses admirateurs, voulant le flatter, lui dit : « Mais, quelle différence de ce chœur avec celui de votre Iphigénie en Aulide ! Celui-ci nous transporte dans un temple, l’autre est de la musique d’église. — Et c’est fort bien fait, reprit Gluck ; l’un n’est qu’une cérémonie religieuse, l’autre est un véritable enterrement, le corps est présent. » Il répétait souvent qu’il craignait de paraître trop musicien dans ses opéras.

La reine Marie-Antoinette, le comte d’Artois, les princes, tout ce qu’il y avait alors de grands seigneurs, de beaux esprits et d’hommes de goût firent à cet ouvrage un accueil enthousiaste et saluèrent dans cette œuvre un hommage rendu au génie français, à sa langue, à ses mœurs, à ses traditions même. Quoique Allemand, Gluck appartient à la France bien plus qu’à son pays. Son génie musical dramatique procède de Corneille, de Racine, et il s’est inspiré beaucoup plus qu’on ne le croit généralement des formes du récitatif des opéras français de Lully, de Campra et de Rameau. »

 

Translation

Euripides’ tragedy follows Iphigenia in Aulis, by the same poet.  Orestes, Pylades, Thoas, Iphigenia and the priestesses of Diana are its characters.  Gluck won with this work a definitive victory over his adversaries, among whom were clever men, such as Marmontel, La Harpe, Ginguené and d’Alembert.  The public could only admire the truth of expression, the powerful originality of the effects, the magnificence of the first act, Iphigenia’s dream, the Scythians’ dances, the hymn to Diana, the instrumentation in turn suave, pathetic, solemn and fiery.  Gluck was then 65 years old.  A contemporary noted that there were beautiful pieces in this opera.  Arnaud replied: “There’s only one.”—“Which?”—“The whole work.”  It is true that we shall always admire a multitude of first-rate creations in this score.  Nevertheless we shall indicate Thoas’s air: De noirs pressentiments mon âme intimidée; Oreste’s sleep; Pylade’s air: Unis dès la plus tendre enfance ; those of Iphigénie : O malheureuse Iphigénie ; Je t’implore et je tremble ; the hymn : Chaste fille de Latone.  Mlle Levasseur sang the role of Agamemnon’s daughter.  We can’t omit a word from Gluck, which proves with what depth of study he endeavoured to express his characters’ feelings.  While Oreste sang: Le calme rentre dans mon cœur, the orchestra continues to paint the agitation of his thoughts.  During the rehearsal, the performers did not understand and stopped.  “Keep playing!” replied the composer.  “He’s lying; he killed his mother!”  Another word from him is perhaps even more explicit.  One day he was praising a chorus in Rameau’s Castor and Pollux: Que tout gemisse.  One of his admirers, wishing to flatter him, said: “How different this chorus is from that in your Iphigénie en Aulide!  This one transports us into a temple, the other is church music.”  “And it’s very well done,” replied Gluck; “one is only a religious ceremony, the other is a true burial, the body is present.”  He often said that he feared to appear too much the musician in his operas.

Queen Marie-Antoinette, the Comte d’Artois, the princes, all the great noblemen, great wits and men of taste received this work enthusiastically, and saluted in it a tribute rendered to the French genius, its language, manners, even its traditions.  Although German, Gluck belongs to France more than to his own country.  His dramatic musical genius came from Corneille and Racine, and the recitatives of Lully, Campra and Rameau’s French operas inspired him much more than is generally believed.