La Grande Duchesse de Gérolstein (Jacques Offenbach) – dossier

poster.jpgOpéra bouffe in 3 acts and 4 tableaux

Music: Jacques Offenbach

Libretto: Henri Meilhac & Ludovic Halévy

First performed: Théâtre des Variétés, Paris, 12 April 1887

My review


ROLES

Fritz. Le Prince Paul. La G.de duchesse de Gerolstein. Le B.on Grog. G.al Boum.jpg

LA GRANDE-DUCHESSE (mezzo-soprano): Hortense Schneider

WANDA, Fritz’s fiancée (soprano): Émilie Garait

FRITZ, soldier (tenor): José Dupuis

Baron PUCK, the Grand-Duchess’s tutor (bass): Karl Knopp

Prince PAUL (tenor): Pierre-Eugène Grenier

Général Boum 2.jpg
Le Général Boum

Général BOUM (baritone): Henri Couderc

Baron GROG, diplomat (bass): Louis Baron

NÉPOMUC, aide de camp (tenor): Emmanuel Ronger, “Gardel-Hervé”

IZA, first maid of honour (soprano): Berthe Legrand

OLGA, second “”: (soprano) Mlle. Morosini

AMÉLIE, third “” (mezzo-soprano): Mlle. Véron

CHARLOTTE, fourth “” (mezzo-soprano): Mlle. Maucourt

Officers, Soldiers, Musicians, Drummers, Cantinières, Peasant Women, Bridesmaids, Lords, Pages, Ushers


SETTING

Place: The duchy of Gérolstein

Time: 1720


STRUCTURE

ACTE I

The camp

Ouverture

1.

  • a) Chœur de soldats : En attendant que l’heure sonne
  • b) Chanson de Fritz : Allez, jeunes filles, dansez et tournez !
  • c) Piff, paff, pouff : A cheval sur la discipline

1 (bis) Chœur de sortie : Et piff, paff, pouff, et tara papa poum

2.  Duo de Fritz et Wanda : Me voici, me voici

3.

  • a) Chœur de sortie : Portez armes !
  • b) Rondo de la Grande-Duchesse : Ah ! que j’aime les militaires

4.  Chanson du Régiment : Ah ! c’est un fameux régiment

4 (bis) Chœur de sortie : Sonnez donc la trompette

5.  Chronique de la Gazette de Hollande : Pour épouser une princesse

6.

  • a) Chœur de soldats : Ils vont tous partir
  • b) Couplets du Sabre : Voici le sabre de mon père
  • c) Départ de l’armée : Vous pouvez sans terreur

Acte I finale.jpg

ACTE II

The court of Gérolstein

7.  Entr’acte

8.

  • a) Chœur des demoiselles d’honneur : Enfin la guerre est terminée
  • b) Couplets des lettres : Je t’ai sur mon cœur

8 (bis) Sortie des demoiselles d’honneur : Ah ! lettre adorée

9.

  • a) Retour de la guerre : Après la victoire
  • b) Rondo de Fritz : En très bon ordre, nous partîmes

9 (bis) Chœur de sortie : La, la, la, la, la

10.  Duetto et Déclaration : Oui, général … Dites-lui qu’on l’a remarqué

10 (bis)           Mélodrame

11.  Trio bouffe et Ballade : Ne devinez-vous pas ? … Max était soldat de fortune

12.  Mélodrame et finale : Logeons-le donc

 

ACTE III

1er Tableau: The pavilion on the right wing of the palace

13.  Entr’acte

14.  Duetto : O grands leçons du passé !

15.

  • a) Conjuration : Sortez, sortez de ce couloir
  • b) Chant des rémouleurs : Tournez, tournez, manivelles

15 (bis)           Mélodrame

15 (ter)            Mélodrame

16.  Chant nuptial : Nous amenons la jeune épouse

17.  Nocturne : Bonne nuit, monsieur

18.

  • a) Couplets des mariés : Faut-il, mon Dieu, que je sois bête !
  • b) Sérénade
  • c) A cheval !: A cheval ! vite, monsieur le général !

2e Tableau: The camp

19.  Entr’acte-galop

20.

  • a) Chœur de noce : Au repas comme à la bataille
  • b) Légende du Verre : Il était un de mes aïeux
  • c) Retour et complainte de Fritz : Voici revenir mon pauvre homme …  Eh bien, Altesse, me voilà !
  • d) Finale : Enfin j’ai repris la panache

CONTEMPORARY REVIEWS

Félix Clément, Dictionnaire des opéras, 1869

(From l’Art Lyrique Français)

Translation follows

« Cette pièce a obtenu un succès européen. Il semble que c’est ce genre grotesque, absurde, cette dérision de toutes les sommités sociales, cette parodie à outrance, qui va même jusqu’à caricaturer l’art, le chant et l’instrumentation, qui soit l’objet exclusif de la faveur publique. Ces farces attirent non seulement les spectateurs vulgaires, mais toutes les classes de la société. Les rois, les empereurs, les princes et les vraies princesses, les héritières des plus beaux noms, les femmes réputées pleines de distinction et de délicatesse se sont passé la fantaisie d’assister aux représentations de la Grande-duchesse de Gérolstein, et n’ont pas dissimulé leur enthousiasme. C’était à l’époque de l’Exposition universelle. Le succès de cette pièce tint du délire. Nous ne pouvons en donner qu’une courte analyse, car le jeu de la scène, les excentricités des acteurs et les hardiesses des actrices ont formé la pièce elle-même bien plus que l’invention du scénario. Cependant, le voici en peu de mots : La grande-duchesse a donné le commandement de ses troupes au général Boum. En passant une revue, elle remarque un soldat de haute et de belle prestance. C’est le soldat Fritz, dont elle fait son favori. Il devient presque en un clin d’œil sergent, comte, général en chef, et il remplace Boum. Une conspiration s’ourdit contre lui ; mais il détruit lui-même sa fortune en préférant épouser la petite paysanne Wanda, qu’il aime, plutôt que d’accepter les faveurs que lui offre la grande-duchesse. Fritz est l’objet de mille mystifications pendant la première nuit de ses noces. On lui donne successivement des aubades, des charivaris ; enfin on le force de se mettre à la tête d’une troupe de soldats et d’aller attaquer un château voisin. Là, on le prend pour un galant, et il est roué de coups. Il perd toutes ses dignités. Le baron Grog lui succède un moment ; mais, en apprenant que cet homme est marié et père de quatre enfants, la grande-duchesse lui enlève le panache, symbole du commandement, et le rend au général Boum.

On voit donc que, à proprement parler, il n’y a là ni une pièce intéressante, ni même une comédie bouffonne, pas même une de ces arlequinades que Riccoboni et Romagnesi savaient si bien faire à la fin du siècle dernier. C’est uniquement la représentation, la mimique surtout qui excite l’hilarité des spectateurs. Ce qu’on appelle les cascades des acteurs joue le rôle principal dans les pièces de ce genre. Quand on est si peu délicat dans le choix de ses plaisirs, on a perdu le droit de se montrer difficile pour la partie musicale. Toutes les trompettes de la renommée ont sonné une fanfare en l’honneur du compositeur. Nous ne voyons rien dans la partition qui ait, musicalement parlant, assez de valeur pour être détaché du cadre théâtral. Nous nous contenterons de citer les morceaux les plus applaudis à la scène : ce sont, dans le premier acte, les couplets du Piff paff, la Chronique de la Gazette de Hollande, les couplets du Sabre de mon père, la chanson : Allez, jeunes fillettes, le rondo : Ah ! que j’aime les militaires ; dans le second acte, l’air des billets doux, le récit de la bataille, le duo entre la duchesse et Fritz, le Carillon de ma grand’mère, qui est une sorte de bacchanale échevelée. Dans le troisième acte, les couplets : Tout ça pour que cent ans après ; le quintette : Sortez de ce couloir ; le chœur des conjurés, parodié sur la Bénédiction des poignards des Huguenots ; la Légende du verre, etc. Les acteurs font personnellement trop de frais dans cette pièce pour n’avoir pas partagé les lauriers de M. Offenbach et de ses collaborateurs. C’est, en première ligne, Mlle Schneider qui, dans la deuxième moitié du XIXe siècle, aura joui de la gloire qu’a obtenue Mlle Mars dans la première. Les goûts changent et se ressemblent peu. Ce sont ensuite : Dupuis, Couderc, Grenier, Kopp, Baron, Gardel, Mlles Garait, Legrand, Morosini, Véron et Maucourt. »

 

Translation

This piece has achieved European success.  It seems that it is this grotesque, absurd genre, this derision of all social luminaries, this excessive parody, which goes so far as to caricature art, song and instrumentation, which is the exclusive object of public favor.  These pranks attract not only vulgar spectators, but all classes of society.  Kings, emperors, princes and true princesses, heiresses of the most beautiful names, famous women, full of distinction and delicacy, had the fancy to attend the performances of the Grande-duchesse de Gérolstein, and have not concealed their enthusiasm.  It was at the time of the World Expo.  The success of this piece was delirious.  We can only give a short analysis of it, because the stage business, the eccentricities of the actors, and the boldness of the actresses formed the play itself much more than the invention of the scenario.  However, here it is in a few words: The Grand Duchess has given the command of her troops to General Boum.  While reviewing her troops, she notices a tall and handsome soldier.  This is Private Fritz, whom she makes her favorite.  He becomes sergeant, count, and general-in-chief, almost in the blink of an eye, and he replaces Boum.  A conspiracy rages against him; but he himself destroys his fortune by preferring to marry the little peasant Wanda, whom he loves, rather than accept the favors offered him by the Grand Duchess.  Fritz is the subject of a thousand mystifications during the first night of his wedding.  He is successively given aubades and charivaris; finally, he is forced to put himself at the head of a troop of soldiers, and to attack a neighboring castle.  There he is taken for a gallant, and he is beaten.  He loses all his honours.  Baron Grog succeeds him for a moment; but on hearing that this man is married and has four children, the Grand Duchess takes away the plume, a symbol of command, and returns it to General Boum.

So we see that, strictly speaking, there is neither an interesting piece, nor even a comedy, not even one of those harlequinades that Riccoboni and Romagnesi knew so well at the end of the last century.  It is only the representation, especially the mimicry, that excites the hilarity of the spectators.  So-called cascades of actors play the lead role in such plays.  When one is so indelicate in choosing one’s pleasures, one has lost the right to be picky for the musical part.  All the trumpets of fame sounded a fanfare in honor of the composer.  We do not see anything in the score that has, musically speaking, enough value to be detached from the theatrical setting.  We will content ourselves with quoting the most acclaimed pieces on the stage: these are, in the first act, the Piff paff couplets, the Chronique de la Gazette de Hollande, the couplets of the Sabre de mon père, the song: Allez, jeunes fillettes, the rondo: “Ah! que j’aime les militaires; in the second act, the air of the love letters, the account of the battle, the duet between the duchess and Fritz, and the Carillon of my grandmother, which is a kind of disheveled bacchanal.  In the third act, the verses: Tout ça pour que cent ans après; the quintet: Sortez de ce couloir; the chorus of the conspirators, parodying the blessing of the daggers in the Huguenots; the Légende du Verre, etc.  The actors play too big a role in this work not to share the laurels of Mr. Offenbach and his collaborators.  First of all is Mlle. Schneider who, in the second half of the nineteenth century, will have enjoyed the glory achieved by Mlle. Mars in the first.  Tastes change and are not very similar.  The others are: Dupuis, Couderc, Grenier, Kopp, Baron, Gardel, Mlles Garait, Legrand, Morosini, Veron and Maucourt.